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Non à la légalisation de l’euthanasie – par le Dr Nicole Delépine

(Vigilance Pandémie) : le Dr Nicole Delépine met à la disposition de tous, en accès libre et gratuit, son livre sur la légalisation de l’euthanasie. Elle encourage chacun à contacter son député et à lui envoyer ce livre avant le vote du 22 juin 2026. Nous lui exprimons toute notre reconnaissance.

Par le Dr Nicole Delépine

Au fond, sommes-nous les Don Quichotte de l’absurde ?1

Ce livre, consacré au sujet polémique de l’euthanasie, n’est pas un essai pour ou contre cette pratique. Tout médecin ou soignant sait au fond de lui-même que chaque patient est différent, que son histoire, son vécu, son ressenti ne ressemblent à ceux d’aucun autre malade et qu’il serait hautement prétentieux de vouloir juger l’attitude des uns ou des autres envers une personne donnée.

Loin de moi de vouloir conseiller une conduite à tenir. Bien au contraire, j’aimerais transmettre à partir de mon expérience de quarante ans de cancérologie (essentiellement pédiatrique et adultes jeunes) que notre plus grande vertu médicale devrait rester l’humilité, face à la vie, face à la décision et les désirs de chacun. Surtout ne pas nuire, rappelle notre serment, et cela doit commencer par ne pas juger et surtout ne pas céder à légiférer pour faciliter en quelque sorte notre conduite à tenir, en se reposant sur un pouvoir soi-disant omnipotent.

Nos métiers ne peuvent se contenter d’obéissance vis-à-vis d’une loi, d’une injonction politique. Les patients nous confient leurs vies, soyons-en dignes dans tous les cas et sachons refuser les décisions préformatées qui relèveraient plus du totalitarisme que de la médecine.

Comme il fallait refuser les injections expérimentales à nos patients, il faudra, si cette loi avait le malheur d’être votée, savoir refuser les injonctions de donner la mort quand le souhait du patient nous paraîtrait sous influence, quitte à nous mettre en danger vis-à-vis des bureaucrates. Il faut en rester et/ou en revenir au dialogue médecin-malade qui seul définit la base de notre engagement et la beauté de notre métier qui devrait demeurer un sacerdoce.

Ce livre est donc un document résolument contre la légalisation de l’euthanasie, porte ouverte à toutes les dérives que nous tenterons d’évoquer. Ce point de vue est celui d’un médecin clinicien auprès des malades, au lit du patient, venant compléter les nombreux écrits sur le sujet de chercheurs, enseignants, sociologues, psychologues, etc. In fine nous sommes au lit du malade, lui tenons la main, et c’est cette voix que je voudrais ajouter à toutes ces études savantes.

Je souhaite rapporter ici la parole du professeur Léon Schwartzenberg2 que je rencontrai à Paul Brousse3 (hôpital ancêtre de Gustave Roussy à Villejuif), qui m’initia à ce sujet grave, difficile, toujours douloureux. Il est regrettable que sous la pression du gouvernement en sursis de M. Lecornu (nous sommes en mars 2026), des amendements à la loi en suspens dite sur l’aide à mourir puissent être rejetés en deux minutes à l’Assemblée nationale, dans l’irrespect total des citoyens, des malades, des soignants. Quelle urgence, en dehors peut-être celle d’un marqueur de son mandat que le président de la République souhaiterait laisser derrière lui ? Il a bien tort, car ce texte ne serait pas le plus glorieux des testaments politiques.

Le message que L. Schwartzenberg donna largement dans les années 80 est clairement résumé dans un chapitre de son livre Requiem pour la vie4 dont je vous partage quelques-uns des passages les plus significatifs. Précisons pour ceux qui ne le connaitraient pas (la gloire est si fugace) que ce cancérologue était partisan de l’euthanasie, mais opposant résolu à toute légalisation.

Dans le chapitre « Libre jusqu’au dernier instant », il évoque l’accompagnement qu’il a pu donner à certains patients et aux critiques que les petits hommes gris bureaucrates loin du vécu de la vraie vie se permettent de donner au médecin qui accepte d’aider dans le secret du dialogue médecin-malade.

Délivrez-nous des hommes de devoir ! il n’y a pas d’euthanasie dans ces conditions. C’est toujours une délivrance, une fin avancée, désirée. Pourtant on n’a pas le droit. Jamais. On le fait contraint, par la nécessité, la nécessité impérieuse de l’autre dont le regard vous guette tant qu’il continue à vivre, et vous poursuivra sans cesse si vous ne l’avez pas aidé. C’est interdit. Avec raison. Il faut savoir qu’un tel geste est toujours en dehors des règles. Il ne doit donner lieu à aucune législation. Pas de texte autorisant à arrêter la vie. Législation pour législation, un médecin digne de ce nom préfèrerait encore être poursuivi pour un tel geste qu’y être autorisé.

Cette démarche, cette action, cette façon de répondre à un appel désespéré appartiennent à des lois plus importantes que tous les textes écrits par tous les législateurs : elles font parties des lois non écrites, celles qu’on traîne avec soi dans le cœur depuis des siècles sans savoir pourquoi, et qui ressurgissent en présence de la demande instante d’un individu qui vous ressemble et avec lequel vous êtes embarqué du fond des âges sur le même navire qui n’accostera jamais, embarcation fragile qui préfère couler que sombrer. Fais quelque chose pour lui si tu peux. Tu le regretteras, mais tu regretteras encore plus de ne pas l’avoir fait. Ressort de bien des choix, et de bien des décisions : d’abord empêcher que les choses ne soient encore plus laides qu’elles ne sont, ensuite faire qu’elles soient plus belles.

[…] Salut à vous, lois non écrites, lois inébranlables de la conscience, opposées à la raison d’État et à la loi politique. Créon sait très bien qu’il peut gagner toutes les batailles qui sont celles de son pouvoir, mais qu’il finira par perdre la guerre qui est celle du temps des hommes. Le souvenir de la petite fille révoltée de la mort de son frère, ou d’un jeune colonel révolté contre la capitulation de sa patrie hantera toujours les nuits des conquérants ou des gouvernements installés : ils savent bien que les lois non écrites sont les seules valables, parce qu’ils savent que ce sont celles qui les condamnent. Et la petite Antigone5 occupe depuis des siècles une place dans le cœur de chacun d’entre nous.

Après quelques instants de silence et de réflexion devant ces mots si profonds, douloureux et lourds à porter, il ne peut vous échapper que nous sommes à l’opposé du projet de loi sur l’euthanasie, froid, bureaucratique, inhumain en navette parlementaire actuellement, après que le Sénat a refusé la version validée par l’Assemblée nationale, qui l’a à nouveau votée, identique, texte toujours aussi dénué de toute éthique, de sens moral, de sensibilité, et de toute humanité. Comment peut-on oser proposer de voter une loi qui autorise un médecin lambda, sans lien direct avec le malade, à euthanasier une personne qui lui a ou lui aurait donné un consentement oral, sans avis obligatoire ni même information de son médecin traitant, de sa famille, de son conjoint, de ses enfants qui ne le sauront que quelque temps plus tard quand on leur demandera de récupérer le corps ? Nos parlementaires ont-ils été corrompus pour être transformés en robots ? Mystère…

C’est ce gouffre, cet océan entre une position terriblement humaine qui peut amener un médecin à aider un patient à partir, et ce projet de loi froid, commercial, économique qu’on voudrait faire passer pour bienveillant et qu’il faut combattre, qu’on va tenter de mettre en lumière dans ce petit document.

Source : Dr Nicole Delépine, Non à la légalisation de l’euthanasie. « Aide à mourir » et crise de civilisation. MEDICATRIX, Marco Pietteur, éditeur. 194 pages.


À propos de Nicole Delépine

Le Dr Nicole Delépine est une pédiatre et oncologue française née le 19 juillet 1946 à Paris. Mariée au Dr Gérard Delépine, chirurgien orthopédique et oncologue, elle est mère de deux enfants. Elle soutient son doctorat de médecine en 1973 à la Faculté Saint-Antoine, obtient sa qualification en pédiatrie en 1976 et en oncologie en 1988. Ancienne interne et chef de clinique des Hôpitaux, elle a dirigé l’Unité de Cancérologie de l’Adolescent et de l’Adulte Jeune à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP).

Tout au long de sa carrière hospitalière, le Dr Delépine s’est distinguée par son engagement pour une médecine individualisée, centrée sur le patient, en opposition aux protocoles standardisés et aux essais thérapeutiques systématiques. Spécialiste des tumeurs osseuses et des sarcomes chez l’enfant et l’adolescent, elle a développé des approches conservatrices, inspirées notamment de travaux internationaux, visant à limiter les mutilations tout en optimisant les résultats. Elle a publié une centaine d’articles scientifiques et présenté de nombreuses communications internationales.

Son parcours est marqué par des combats contre les dérives du système de santé : influence des lobbies pharmaceutiques, bureaucratisation excessive et perte de liberté thérapeutique. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Neuf petits lits au fond du couloir (2000), La face cachée des médicaments (2011), Le cancer, un fléau qui rapporte (2013), et Cancer : les bonnes questions à poser à votre médecin (2016, co-écrit avec son mari). Ces livres dénoncent la marchandisation de la santé et plaident pour le libre choix des patients.

Après sa retraite, le Dr Delépine s’est particulièrement impliquée dans la critique des mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19. Elle a dénoncé la campagne de vaccination de masse, affirmant que les vaccins ARNm étaient encore en phase expérimentale, présentaient des risques graves (notamment de modification génétique et d’effets secondaires mortels) et s’inscrivaient dans une logique d’ « hystérie vaccinale » et de contrôle des populations. Elle a cosigné des tribunes et participé à des conférences aux côtés de figures critiques comme son époux, contestant l’efficacité et la sécurité des injections COVID, promouvant des alternatives comme l’hydroxychloroquine, et alertant sur les excès de la gestion gouvernementale. Ces positions lui ont valu une sanction disciplinaire (blâme) de la part de l’Ordre des médecins d’Île-de-France en 2022.

Figure controversée, admirée par certains pour son indépendance et critiquée par d’autres pour ses prises de position jugées marginales, Nicole Delépine incarne un combat constant pour la liberté de soigner contre les pressions institutionnelles et industrielles. Son action, prolongée par des livres et interventions médiatiques, continue d’alimenter le débat sur l’éthique médicale et la santé publique.

Fournir une information scientifique objective et éclairée sur la crise sanitaire actuelle, sensibiliser aux enjeux sociétaux et politiques majeurs qui se profilent à l’horizon, alerter le public, rassembler les bonnes volontés et préparer l’avenir.